Dalaï lama: Sarkozy s'est comporté comme "une carpette", selon Bianco
Le vice-président du groupe d'étude sur le Tibet à l'Assemblée nationale, le socialiste Jean-Louis Bianco, a épinglé mercredi "l'erreur" de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la Chine sur la question tibétaine, jugeant qu'il s'est comporté "comme une carpette".
"Nicolas Sarkozy a fait une erreur, comme cela lui arrive souvent de faire des rodomontades (...), on fait des moulinets et après on se couche. C'est cela l'erreur, c'est d'être excessif dans l'annonce et très faible dans la réalisation", a-t-il fustigé sur France-2. "Il a cédé aussi, c'est un grand classique, à l'idée que si l'on est bien gentils, bien polis, on aura des contrats" avec la Chine.
"Il faut respecter les Chinois mais ce n'est pas en se comportant avec une telle mollesse, j'allais dire comme une carpette, qu'on gagne le respect", a prévenu Jean-Louis Bianco. "Ce n'est pas à la hauteur de ce que doit être la France".
"Je trouve scandaleux" la manière dont le dalaï lama est accueilli en France. "On n'a pas à se cacher, à avoir honte de le recevoir", a jugé le député PS des Alpes de Haute-Provence. "Je trouve que les conditions imposées par le président du Sénat -surtout pas de presse, à huis clos, dans un petit bureau-, c'est indécent".
Et de marteler que "ce genre de médiocrité n'est pas digne de la France".
Quant à la présence de Carla Bruni-Sarkozy à l'inauguration le 22 août d'une pagode près de Lodève (Hérault) aux côtés du chef spirituel des Tibétains, "cela (lui) paraît un peu déplacé". "Elle va assister à l'inauguration d'un temple. Là, on parle de l'autonomie du Tibet, de problèmes politiques, et ce n'est pas très bon de dire: 'on ne fait pas de politique' mais on soutient une manifestation religieuse. Nous sommes un Etat laïc", a-t-il analysé.
"Je crains qu'une fois ces JO terminés, le rideau de fer ne retombe sur le Tibet". Or, "c'est maintenant qu'il faut parler du Tibet. Après, il sera trop tard", a conclu Jean-Louis Bianco.
Dans un communiqué, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, a exprimé sa "plus profonde indignation" après les "propos scandaleux" de M. Bianco. Il dit s'étonner qu'un "parlementaire, ancien secrétaire général de l'Elysée et co-directeur de campagne d'un candidat à l'élection présidentielle, dérape au point de tenir des propos insultants sur le président de la République".
M. Karoutchi annonce qu'il va "saisir dans les plus brefs délais" le président de l'Assemblée nationale. Pour sa part, Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, dénonce des "propos aussi insultants qu'infondés" de la part d'un homme qui "a une fois de plus perdu son sang-froid". AP